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Noël arrive, et avec lui, tout ce qui devrait être lumière, chaleur, rassemblement. Pourtant, autour de nous, les raisons de désespérer ne manquent pas. Les rues s’illuminent, mais tant de regards restent éteints. Les tables se garnissent, mais tant de mains restent vides. Les familles se retrouvent, mais tant de cœurs restent seuls. La paix est promise, mais le monde gronde, se déchire, oublie.
On nous parle de magie, de miracles, de contes qui finissent bien. Mais
comment croire à la magie quand on compte ses pièces pour survivre ? Comment
espérer le miracle quand on attend un diagnostic, un papier, un toit ? Comment
croire aux happy ends quand on voit des enfants grandir dans la peur, des
vieillards mourir dans l’indifférence, des réfugiés frapper aux portes que
personne n’ouvre ?
Noël, cette année encore, a le goût amer de l’injustice. Il sent la
solitude de ceux qui n’ont personne pour leur tendre la main, le découragement
de ceux qui luttent sans voir de lendemain, la colère de ceux qu’on a relégués
aux marges. Il porte le poids de nos échecs collectifs, de nos silences
complices, de nos petits arrangements avec l’inhumanité.
Pourtant.
Il y a, au cœur de cette nuit, une lueur qui ne s’éteint pas. Une lueur
qui ne vient ni des guirlandes ni des écrans, mais d’un enfant né dans la
paille, parmi les exclus, les sans-grade, les sans-droits. Jésus n’est pas né
dans un palais, mais dans une étable. Il n’a pas choisi les puissants pour
témoins, mais des bergers, des étrangers, des femmes. Il n’a pas promis un
monde sans souffrance, mais une présence qui ne nous abandonne jamais.
Cet enfant, c’est la promesse que Dieu se fait petit pour rejoindre ceux
que le monde écrase. Qu’il se fait proche de ceux que personne ne voit. Qu’il
se fait espérance là où tout semble perdu. Noël, c’est Dieu qui dit : « Je suis
avec vous, même ici, même maintenant. »
Et si l’espérance est possible, c’est parce qu’elle est d’abord une
affaire de communs. Elle naît quand on partage son pain, quand on tend la main,
quand on refuse de détourner les yeux. Elle grandit dans le souci de l’autre,
dans la lutte contre l’inhumanité, dans chaque geste qui rappelle que personne
n’est jetable, que personne n’est seul.
Alors, pour cette nouvelle année, osons croire que la lumière perce
l’obscurité. Osons nous lever, ensemble, pour que plus personne ne reste dans
le froid. Osons dire que la paix n’est pas un rêve, mais une tâche : celle de
construire, chaque jour, un monde où chacun a sa place.
Noël, c’est la certitude que l’amour est plus fort que la nuit. Et que,
même dans les ténèbres, une étoile veille.
Que cette espérance vous accompagne tout au long de l’année 2026
Parmi les raisons du caractère crucial de la situation de Gaza, il y a d’abord le fait que 80% des personnes qui y vivent sont déjà des réfugiés de la guerre de 1948. Ils ont été chassés de leurs terres et villages par ce qu’Israël appelle sa “guerre d’indépendance”.
Il y a bien d’autres lieux sur la
planète qui sont dévastés par des guerres d’une brutalité impitoyable. Ne
parlons que de l’Afrique de l’Est, du Soudan à la région des grands Lacs, pour
ne rien dire de la Birmanie. Ils apparaissent à l’occasion dans les
préoccupations du monde et de ses dirigeants. Mais Gaza s’impose à l’attention
du monde entier d’une manière singulière.
Les générations qui s’y sont succédé
ont toutes dû faire face à des violences de diverses origines, sous un
protectorat égyptien jusqu’à la guerre des Six Jours, puis sous l’occupation
militaire d’Israël avec la pression de la colonisation jusqu’en 2005. La
situation actuelle relève d’un dispositif israélien qui a commencé à se
développer en 2005. Israël a alors décidé que Gaza ne relevait pas de la “Terre
d’Israël” et a retiré son armée en même temps que ses colonies étaient
démantelées. Mais en gardant le contrôle de tous les accès.
Le dispositif israélien reposait sur
le principe colonial “Diviser pour régner”. L’Autorité palestinienne mise en
place à la suite des accords d’Oslo en 1993 s’est vu opposer à Gaza, avec le
soutien d’Israël, un mouvement hostile, le Hamas, proche des Frères musulmans
en Égypte. Après des affrontements entre Palestiniens, le Hamas et ses alliés
ont expulsé de Gaza les représentants de l’Autorité palestinienne et ont pris
le pouvoir, après une élection locale qui leur a donné une majorité en 2008.
Gaza aurait ainsi pu être, en 2005,
le premier pôle territorial cohérent d’un État palestinien. Mais dès ces
années, des gouvernements israéliens de plus en plus radicaux ont peu à peu
vidé de tout contenu le processus d’Oslo dans son ambition de faire coexister
pacifiquement un État Israélien et un État palestinien. Cette “solution à deux
Etats” a été ratifiée par les Nations-Unies et reste encore aujourd’hui la
position de principe de la communauté internationale. Sauf que l’un des deux
États, celui qui contrôle et occupe la totalité de la Palestine, Israël, a
définitivement exclu toute souveraineté palestinienne. L’actuel Premier
ministre israélien a donné les assurances les plus formelles que jamais il ne
tolérerait l’existence d’un État palestinien, même embryonnaire. Dès 2005 la
politique d’Israël s’orientait dans ce sens. Israël a alors profité de l’accès
au pouvoir du Hamas à Gaza pour le déclarer terroriste et instaurer un blocus
du territoire qui lui enlevait toute possibilité de se développer en un État
viable. Il est devenu une “prison à ciel ouvert” pour 2,2 millions de
Palestiniens, pour la plupart, on l’a dit, réfugiés ou descendants de réfugiés.
Le tournant décisif est celui de
l’investiture du gouvernement d’extrême-droite dirigé par le Premier ministre
actuel, en décembre 2022. Son objectif n’était pas de “résoudre le problème de
la Palestine” mais de s’emparer des terres en déportant leurs habitants. Dès le
début de 2023 la pression de l’armée et des colons s’est accrue en Cisjordanie
et les meurtres d’Arabes palestiniens se sont multipliés, suivis d’expulsions
d’agriculteurs et de saisie de terres. Il en résulte qu’en 2025 environ 90% du
territoire occupé de Cisjordanie est la propriété d’Israël, soit comme terre de
colonie, soit comme zone militaire. Les plus de 2 millions d’habitants arabes
de Cisjordanie sont de plus en plus nombreux à être privés de leurs terres et
réduits à l’inactivité.
Depuis 2008, à plusieurs reprises,
ont eu lieu des affrontements entre les groupes armés palestiniens de Gaza,
utilisant des roquettes, et l’armée israélienne, qui boucle la zone. L’épisode
de 2015 a été particulièrement sanglant pour la population de Gaza avec plus de
1500 morts. En 2023 semblait s’être installé un statu quo dans
une situation de siège et de conflit armé à basse intensité. Cela allait dans
le sens des “accords d’Abraham” promus par Donald Trump pendant sa première
présidence. Ils avaient conduit à une quasi-normalisation entre Israël et les
principaux pays arabes. La question de l’existence des Palestiniens et de leur
statut semblait en passe d’être oubliée, du côté aussi bien des puissances
occidentales que des grands États arabes.
Israël dispose d’un système de
renseignement parmi les plus sophistiqués du monde, d’autant plus performant
qu’il s’appuie sans réserve sur les moyens des États-Unis. Il a transmis les
alertes qu’il détectait à Gaza, où le gouvernement dominé par le Hamas
s’inquiétait de se voir soumis de manière durable à une condition de siège dont
nul ne se souciait plus. Des sources comme le New York Times ont
donné l’information selon laquelle les services de renseignement israéliens
étaient prévenus, largement avant le 7 octobre, d’une offensive inédite à venir
depuis Gaza. Pourtant tout a été fait pour que l’attaque du 7 octobre 2023
apparaisse comme une surprise absolue. On ne peut pas ne pas y voir une volonté
politique identique à celle qui était à l’œuvre en Cisjordanie, d’en finir une
fois pour toute avec la présence palestinienne à Gaza.
La suite est sous nos yeux. Des mois
de guerre, des otages, une détermination des mouvements palestiniens d’autant
plus inflexible qu’ils ont vu “éliminer” tous leurs dirigeants en place par les
divers moyens dont disposent les forces israéliennes. Les bombardements massifs
n’en constituent qu’une face. On a le sentiment qu’il y a une certaine logique
suicidaire parmi les militants palestiniens de Gaza, qui ne sont justement pas
des militaires : “Nous sommes de toute façon condamnés, entraînons dans la mort
autant d’ennemis que nous le pouvons”. La pratique de la prise d’otages est
indéfendable de tous les points de vue, aussi bien moraux que politiques, car
elle a détourné de la cause palestinienne de nombreux soutiens internationaux.
Elle apparaît relever de cette même logique suicidaire : il n’y a pas d’autre
moyen que cela pour faire face à la mort des combattants et à
l’assujettissement du peuple. Les appels à la négociation et au cessez-le-feu
ont peu de chances de déboucher. On ne peut malheureusement s’attendre qu’à de
longs mois de souffrance et de désespérance. Face à la cinquantaine d’otages
israéliens dont le sort reste incertain, survit une population de 2 millions
sans doute de personnes, désormais otages arabes d’Israël.
Parmi eux, une majorité de femmes
avec leurs enfants en bas âge. Plus d’un million de femmes et d’enfants en
otages, massacrés, sans armes : cela ne se présente en aucun autre
conflit. Rappelons que jamais les femmes de Palestine n’ont pris les armes, à
la différence des femmes israéliennes qui font toutes leur service dans
l’armée.
“Chrétiens de la Méditerranée” a des
raisons propres d’être concerné par la situation à Gaza. De longue date nous
sommes en relation avec des habitants de Gaza et ce qui les atteint nous touche
directement. Parmi eux, il y a Ziad Medoukh, professeur de français à
l’Université, avec ses étudiants. Il n’a jamais caché son opposition politique
à l’islamisme et à toute confessionnalisation de la situation palestinienne.
L’un de ses livres a pour titre éloquent : “Être non violent à Gaza”.
J.B. Jolly, Administrateur de CDM
Sur les murs de ma synagogue sont gravés quelques mots tirés d'un des versets les plus célèbres (et les moins bien compris) de la Bible :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »
L’adage, à la manière d’une « tarte à la crème », énonce la bonne conscience des religions monothéistes : on s’en gargarise comme pour se convaincre qu’au fond, on ne se veut que du bien. C’est charmant mais on sait que ces mots n’ont jamais empêché qui que ce soit de recourir à la violence, à l’intolérance ou au prosélytisme. L’autre a certes tout notre amour, dès qu’il est notre « prochain » mais, à l’instant où il se fait un peu « lointain », de nos croyances ou nos convictions, mérite‐t‐il encore notre attention ?
Le phénomène n’est pas propre aux religions. Tendez l’oreille vers tant de discours actuels, polarisés à l’extrême. La méfiance est radicale vis à vis du « salaud » d’en face. Et c’est particulièrement vrai quand il s’agit de débattre du Proche‐Orient.
Très vite, chacun défend son « prochain » (et uniquement lui !), et la parole se censure… On se tait pour éviter de fournir la moindre munition au « camp » d’en face. Toute autocritique menace l’union sacrée, se fait traîtrise ou, pire, carburant pour un ennemi qui cherche à nous détruire. Alors Chut… taisons‐nous plutôt que de faire le jeu d’une quelconque récupération. Il en va de la sécurité de nos idées ou de nos enfants.
Moi‐même, j’ai ressenti souvent cette injonction au silence. J’ai parfois bâillonné ma parole, pour éviter qu’elle ne nourrisse les immondices de ceux qui me menacent, ceux qui diabolisent et déshumanisent un peuple, et s’imaginent aider ainsi un autre. J’ai censuré mes mots face à ceux qui trouvent des excuses à une déferlante antisémite « ici » au nom d’une justice absente « là‐bas ». J’ai entendu dans leur bouche les accords d’une haine ancestrale, la mélodie de ceux qui sont convaincus d’être du bon côté de l’Histoire.
Je me suis tue mais, aujourd’hui, il me semble urgent de reprendre la parole. Je veux parler, au nom de « l’amour du prochain » ou plutôt de ce que ce verset biblique (si mal traduit) en dit vraiment.
Il est écrit : « Si tu sais adresser des reproches à ton prochain » et alors : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Cet amour n’a rien d’inconditionnel ou d’aveugle. Il implique au contraire, dans la Bible, d’ouvrir les yeux d’un proche sur ses fautes, et de tendre dans sa direction un miroir pour qu’il s’observe.
C’est donc précisément par amour d’Israël que je parle aujourd’hui. Par la force de ce qui me relie à ce pays qui m’est si proche, et où vivent tant de mes prochains. Par la douleur de le voir s’égarer dans une déroute politique et une faillite morale. Par la tragédie endurée par les Gazaouis, et le traumatisme de toute une région.
Comme beaucoup d’autres Juifs, je veux dire que mon amour de ce pays n’est pas celui d’une promesse messianique, d’un cadastre de propriétaire ou d’une sanctification de la terre. Il est un rêve de survie pour un peuple que personne n’a su ou voulu protéger et il est le refus absolu de l’annihilation d’un autre peuple pour le réaliser. Il est la conviction, déjà énoncée par ses fondateurs, que cet État doit être à la hauteur d’une histoire ancestrale et, selon les termes de sa déclaration d’Indépendance, « tendre la main » à tous les pays voisins et à leurs peuples.
Cet amour d’Israël consiste aujourd’hui à l’appeler à un sursaut de conscience…
Il consiste à soutenir ceux qui savent que la Démocratie est la seule fidélité au projet sioniste.
Soutenir ceux qui refusent toute politique suprémaciste et raciste qui trahit violemment notre Histoire.
Soutenir ceux qui ouvrent leurs yeux et leurs cœurs à la souffrance terrible des enfants de Gaza.
Soutenir ceux qui savent que seuls le retour des otages et la fin des combats sauveront l’âme de cette nation.
Soutenir ceux qui savent que, sans avenir pour le peuple palestinien, il n’y en a aucun pour le peuple israélien.
Soutenir ceux qui savent qu’on n’apaise aucune douleur, et qu’on ne venge aucun mort, en affamant des innocents ou en condamnant des enfants.
C’est seulement par ce soutien que s’énonce un véritable amour du prochain. Pas comme une promesse niaise et inconditionnelle, mais comme une exigence morale qui doit préserver l’humanité de chacun d’entre nous, et permettre au « prochain humain », c’est-à-dire une génération à naître, de connaître autre chose que la haine.
Delphine Horvilleur
Delphine Horvilleur est directrice de la rédaction de Tenoua. Ordonnée rabbin au Hebrew Union College en 2008, Delphine est depuis lors rabbin au MJLF (JEM) à Paris. Elle a pris la tête de Tenoua en 2009.
Elle est l’auteure de nombreux ouvrages dont le dernier, Euh... Comment parler de la mort aux enfants, paru en avril 2025 aux éditions Bayard et Grasset.
« Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. »
« La question de Pierre à
Jésus : “Combien de fois dois-je pardonner à mon frère ?” (Mat
18, 21)
est devenue une question d’actualité publique sous la pression tragique de
l’histoire. Peut-on promouvoir la réconciliation des personnes et des groupes
sans favoriser l’oubli des crimes ? …
Le pardon des offenses et l’amour des ennemis sont parmi les points les plus
caractéristiques de l’enseignement de Jésus ; ils se signalent l’un et
l’autre par leur radicalité. Mais ils sont, l’un et l’autre, un acte tout
gratuit, qui ne donne aucune assurance qu’un autre en usera pareillement à
notre égard… Quiconque fait l’expérience du don accède au royaume de la
gratuité et découvre que c’est elle, et elle seule, qui accomplit la perfection
des relations humaines, la perfection de la liberté libérée de ses entraves.
La liberté se prend en se donnant. Personne n’est vraiment libre,
vraiment humain, tant qu’il fait d’un autre son esclave en le soumettant à la
violence de son droit, tandis que l’acte de gratuité du don est l’expérience
d’un enrichissement en humanité. Les chances que le pardon l’emporte sur la
violence, c’est la contagion de la liberté. La force du droit est à elle seule
incapable d’éradiquer la violence puisqu’elle en fait usage ; seule peut
la désarmer la renonciation de l’offensé à son droit… Utopie ? Sans
doute, les paraboles du Royaume sont utopiques comme l’est le Royaume. Mais
l’utopie n’est pas dépourvue d’efficacité, car elle agit puissamment sur le
cœur des humains. Encore faut-il qu’elle ait une inscription dans les réalités
de l’histoire. La puissance des paroles de Jésus sur les hommes, c’est de leur
proposer un exemple à imiter, celui de “votre Père qui est aux cieux, car il
fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur
les justes et les injustes” » (Mat 5, 45).
Joseph Moingt
Avez-vous, un jour, perdu toutes vos raisons de vivre ? Comme si le chemin sur lequel vous marchiez jusque-là s’effondrait brutalement sous vos pieds et vous entraînait dans une chute sans fin. En amont beaucoup de fatigue accumulée, un système nerveux épuisé, comme une batterie de voiture que vous avez beau solliciter et qui refuse tout service. En même temps une envie de grimper aux murs, tant le quotidien vous est devenu invivable, insupportable. Mais difficile d’y échapper.
Comme le
disait saint Jean de la Croix : « La source, elle coule, elle
court, mais c’est de nuit… Dans la nuit obscure de cette vie, ciel et terre
viennent y boire, mais c’est de nuit. » Certains voudraient des
évidences. Mais pour moi, si Dieu se laisse entrevoir, ce n’est jamais dans la
pleine lumière, et je reste plus sensible aux questions, aux interrogations et
aux incertitudes qu’aux affirmations péremptoires.
Prier, pour moi, aujourd’hui c’est rejoindre la
préoccupation de Dieu pour notre monde, qui va mal et où il y a tant de sujets
d’inquiétude.
Prier, c’est oser lever les yeux vers l’horizon des
promesses divines en croyant qu’elles sont pour les hommes de notre temps.
Prier, c’est oser croire que l’action de l’Esprit,
dans les cœurs, même si elle est bien cachée, est effective et forte.
Prier, c’est refuser de s’habituer, ou de démissionner
ou d’entretenir une fausse quiétude. C’est partager l’indignation des prophètes
devant l’intolérable.
Prier, c’est croire que, là où il nous est demandé
d’agir, Dieu est déjà à l’œuvre
Parodiant le titre d’un film célèbre, Bernard Fauconnier et Michel Bouvard livrent par ce cri leur conviction viscérale, qui élargit le spectre de l’analyse de la situation politique actuelle à la défense d’une valeur fondamentale pour notre société et, au-delà, pour notre humanité.
Liberté,
égalité, fraternité ! Les trois valeurs de notre république, affichées partout,
nous rappellent le cadre dans lequel doivent se situer l’action politique et,
plus généralement, l’ensemble de interactions entre les citoyens. Être citoyen
français, c’est vivre et défendre ces trois valeurs, c’est faire les choix qui
développent leur imprégnation dans la vie sociale.
Les combats
pour la liberté et pour l’égalité sont nombreux. Mais la fraternité tient peu
de place dans l’espace publique : rares sont les leaders politiques ou sociaux
qui s’y réfèrent ; plus rares encore ceux qu’elle guide dans leurs choix et
actions.
Pourtant, la
fraternité peut refonder la société française d’aujourd’hui car elle est façon
de considérer l’autre, de le reconnaître, au-delà des différences d’idées,
d’engagements, comme un égal en droit, un semblable en humanité, un autre riche
de ses différences : un concitoyen.
Elle ne
divise pas la société en classes, corporations, groupes d’intérêts communs,
communautés ou « clientèles ». Au contraire, elle la réunit dans la recherche
du bien commun, dans la lutte contre les inégalités et pour les libertés, avec
le souci du plus faible. Elle cherche à établir les priorités et tient compte
des moyens communs disponibles ou mobilisables.
Certes, elle
a été présente dans un grand nombre de systèmes de partage, impôts, retraite,
Sécurité Sociale, qui ont été construits par le Conseil National de le
Résistance, dans ce moment de fraternité que fut la Libération en 1945. Mais
guide-t-elle encore, aujourd’hui, tous nos choix politiques ?
Les citoyens
perçoivent cruellement que la recherche de l’intérêt général n’est plus la
priorité ; postures, rhétoriques figées, ambitions personnelles, intérêts de
catégories sociales, intérêts financiers spéculatifs, peurs, etc. volent
souvent ce premier rôle. Les citoyens se désespèrent, ils ne se sentent plus
concitoyens, et ne cherchent plus à faire société commune.
C’est un
immense danger pour notre société qui sent qu’il n’y a ni liberté, ni égalité
sans fraternité : sans elle, république et communauté nationale se meurent.
Ce désespoir
pousse à la force plus qu’à l’entente ; à écouter les solutions simplistes, à
chercher des boucs émissaires, à croire les discours fondés sur le rejet du
différent. Il fait tourner le dos à la fraternité !
Sur ce sujet,
le silence des hommes politiques met en miette l’unité nationale. Ils parlent à
des catégories d’électeurs, à des clientèles qu’ils cherchent à séduire.
L’homme
politique a pour rôle de proposer un avenir commun et possible aux Français.
C’est perversion que de servir à des groupes d’électeurs ce qu’ils ont envie
d’entendre (puis de ne pas tenir les promesses…) Les populismes sont
destructeurs de fraternité. C’est dans l’analyse de la façon dont s’y incarnent
nos trois valeurs fondamentales que se doit écouter la société française.
Il est urgent
de remettre la fraternité au cœur de nos politiques, de nos vies quotidiennes.
Et gare aux fausses pistes ! Notre société est faite de diversités : classes
sociales, groupes d’intérêts communs, communautés, religions, cultures, etc.
L’avenir ne changera pas ce fait. Mais la fraternité peut les réunir en
société. Il est absurde d’espérer retisser les liens citoyens en réduisant
cette diversité : nos chances de succès sont nulles ; refuser les différences,
c’est renier nos valeurs, nier notre propre humanité.
·
Il existe bien sûr de vraies pistes pour
remettre la fraternité au cœur de la vie. En voici quelques-unes :
·
Proclamons inlassablement les bienfaits de nos
valeurs fondamentales : liberté, égalité, fraternité. Mettons en lumière les
droits de l’homme, l’égalité des droits et devoirs des citoyens, hommes et
femmes, la laïcité, la civilité, etc. Enseignons-les tout au long des parcours
scolaires et des processus d’immigration, de naturalisation. Imprégnons-en tous
les discours politiques. Faisons-les respecter rigoureusement, partout, avec
rigueur et respect des droits.
·
Développons l’esprit critique et de discernement
de nos concitoyens, dès le plus jeune âge. C’est la mission essentielle de
notre Éducation Nationale. Dans une société baignée du bruit des forces de «
communication », il est nécessaire que chacun discerne les intérêts
particuliers qui animent ces flux séducteurs visant à faire de nous des moutons
et non des citoyens.
·
Développons le sens civique et la civilité des
comportements, le sens de l’écoute, du respect de l’autre, notamment du plus
faible.
·
Développons l’aptitude à exprimer sa pensée, à
l’affiner : la maîtrise de la langue commune est une arme essentielle contre
les violences.
·
Faisons de la fraternité le socle de tous les
choix politiques.
La fraternité
est plus qu’une invention de notre république. Elle ne lui est ni propre, ni
réservée. Elle est la voie de survie de l’Europe, de l’humanité, elle doit
guider et inspirer toutes les nations, tous les organismes internationaux ;
tous les hommes aussi. Sans fraternité, notre planète est invivable et se
meurt.
Nous ne
sommes pas les premiers à le dire… Mais crions-le encore, et encore, et encore,
bordel !
Bernard
Fauconnier et Michel Bouvard
Voici un lien vers un article de René Poujol datant d’avril 2023 et qui reste toujours d’actualité
https://www.renepoujol.fr/quitter-leglise-catholique-ou-y-rester/
En voici
quelques extraits :
Des
catholiques « en périphérie » que les évêques paraissent ne pas
entendre
Sans doute y
a-t-il là l’expression d’une conviction partagée par beaucoup dans ce qui tend
à apparaître comme une « périphérie » de l’Eglise que nos évêques ne
semblent pas pressés de reconnaître, de rejoindre ou d’entendre. Même si le
débat n’est pas tranché parmi ces baptisés entre ceux qui plaident pour
substituer un partage fraternel de la parole et du pain à l’eucharistie
traditionnelle et ceux qui aspirent à une complémentarité entre les deux. Le 22
mars dernier, dans les locaux historiques des éditions Temps Présent (5)
se trouvaient réunis pour une journée de réflexion et d’échanges : des
représentants du collectif Pour un christianisme d’avenir, initiateur de la
rencontre, La Fédération des
Réseaux du Parvis, Nous sommes aussi l’Eglise, la Conférence catholique des
baptisé.e.s francophones (CCBF), Saint-Merry Hors-les-murs,
mais également Témoignage
chrétien et Golias ainsi
qu’à titre personnel, quelques journalistes et sociologues connus de la
cathosphère. Pour dire leur détermination à approfondir leur réflexion sur
l’Eglise, faire entendre leur voix et ouvrir de nouveaux espaces de liberté
pour témoigner de l’Evangile.
Comme
compléments :
Garrigues et sentiers a ouvert un grand débat autour
du thème faut-il quitter l’Eglise ou rester ? La lecture en est
passionnante.
Le 11 mars 2023, la Conférence catholique des
baptisé.e.s francophones (CCBF) présentait les
résultats d’une enquête (voir
vidéo ici) réalisée auprès de 1 600 baptisés hommes et
femmes « éloignés de l’Eglise »
En cette fête de Noël et à l’aube de l’année nouvelle, que l’espérance soit plus forte que toutes les faiblesses conduisant à la guerre, à la violence et au rejet de l’autre qui est différent. Un humain vaut un autre humain, ça veut dire que la souffrance d’un être humain est égale à la souffrance d’un autre être humain.
J’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai
eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez
recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous
m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Toutes les
fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous les avez faites.
L'espérance
n'est ni un trait de caractère, ni une doctrine, ni une force objectivement
décelable. Elle est avant tout un choix, un regard tourné vers l'autre, un pas
fait avec l'autre, simplement pour marcher ensemble afin que la vie soit plus
humaine
Soyons conscients d'être des sentinelles, qui pouvons
regarder la nuit sans effroi, parce qu'il y a au fond de nous-mêmes assez de
lumière pour ne pas douter de l'existence du matin
Lire la
suite https://www.reseaux-parvis.fr/2023/12/20/revue-reseaux-des-parvis-n-120-janvier-fevrier-2024-agir-pour-esperer/
Un
dossier sur l’accueil de l’étranger
Elles ne cessent de s’aggraver. Toutes les associations de solidarité, engagées dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, alertent sur la dégradation des conditions de vie due à l’inflation, sur les prix des produits alimentaires qui ont connu une spectaculaire augmentation. Les minima sociaux n’ont évolué que de 1,6 % en 2023 ; cela reste bien inférieur à l’inflation évaluée autour de 5%, mais qui pèse plus de 20 % pour les plus démunis correspondant aux frais d’alimentation, d’énergie et de logement.
Lire
la suite du communiqué de ECCO du secteur
de CAEN, membres de la fédération du Parvis
Le
baromètre de la pauvreté et de la précarité, Secours populaire
L’état
de la pauvreté en France, Secours catholique, Caritas
Saint Merry Hors les Murs et la revue Projet ont proposé lundi 27 novembre en partenariat avec en particulier Les Réseaux du Parvis une soirée par Zoom, avec comme invité Christoph Théobald
Voici le lien pour visionner la
rencontre
Il y a diverses voies ou du moins diverses perceptions, et même diverses interprétations, de la voie de Jésus, liées à nos expériences, au milieu dans lequel nous vivons, aux rencontres que nous avons faites, aux témoins que nous avons rencontrés et au chemin spirituel que nous avons parcouru ?
Et voici l’ensemble
du dossier traitant de ce thème
Dans sa conclusion de l’entretien qu’il a eu avec Mediapart, Bertrand Badie a dit
« De par
ma bi culturalité, persane et française et pour avoir de par mon métier eu l’occasion
de visiter 115 pays et y avoir fait des conférences, cela m’a appris une chose
que je voudrais dire de manière très calme et solennelle :
Un humain
vaut un autre humain, ça veut dire que la souffrance d’un être humain est égale
à la souffrance d’un autre être humain. Ma sympathie d’âme est toute entière
avec les martyrs de Sdérot, comme avec les martyrs de Gaza. Je pense que si on
veut entrer dans un monde mondialisé, il faut faire de ce principe la base de
tout et surtout rompre avec une culture hiérarchique. On gagne la bataille de
la mondialisation, si on gagne la bataille de l’humain. Si vous ne partez pas
de cette unité de l’humanité, vous tombez, soit dans le délire de la police de
pensée, soit dans un racisme structurel. »
Vaste
chantier où il y a encore tellement à faire. Pensons aux migrants, à l’homophobie,
au racisme, à l’inégalité hommes-femmes que ce soit dans la société ou dans les
Eglises, aux conflits ethniques, au choc des civilisations dont les unes se croient
supérieures aux autres, aux juifs et aux musulmans, aux chrétiens qu’ils soient
catholiques, protestants ou orthodoxes, aux croyants, aux agnostiques ou aux
athées, à toutes formes d’esclavage.
Tel était le thème d’une journée d’études passionnante, organisée à Paris par les Editions Karthala et l’équipe de Pour un christianisme d’avenir, membres de la Fédération des Réseaux du Parvis.
Voici un court commentaire qu’en
avait fait René Poujol
« Six heures, vécues par
cent-quarante participants, pour mieux pénétrer la pensée de Spong, Moingt, Mori
(photo) avec des interventions, entre autres, de Jacques Musset, Jose Arregi,
Jean-Pol Gallez…
Si la crise, déjà ancienne, que
traverse l’Eglise catholique soulève bien des questions relatives à la
pastorale, à la gouvernance, à la discipline ecclésiastique que le Synode sur
la synodalité va devoir examiner, il en est d’autres, bien plus radicales, qui
traversent une partie du peuple chrétien et touchent au dogme et à la doctrine.
Elles sont formulées par des passionnés d’Evangile en quête de vérité qui,
contrairement à quelques idées reçues, ne sont pas là pour régler des comptes
avec l’Eglise.
RFI dans le cadre de ses émissions religions
du monde vient d’en proposer une sur le thème Renouveler l’Église catholique :
paroles critiques
Etait invité en studio : Robert
Ageneau, éditeur, fondateur des éditions Karthala.
Y sont aussi intervenus
- Jacques Musset, Français, chercheur
catholique libéral, ancien prêtre, auteur de « Jésus pour les non religieux,
rendre son humanité au prophète de Nazareth » (éd. Karthala, 2023)
- José Arregi, Espagnol, théologien,
ancien prêtre, ancien professeur de Théologie à l’Université jésuite de Deusto
à Bilbao
- Jean-Pol Gallez, Belge, juriste et
théologien
- Pierre Diarra, Malien, professeur
de Théologie à l’Institut Catholique de Paris, consulteur au dicastère pour le
dialogue interreligieux
- Marie-France Landreau, laïque
française, catholique désormais engagée chez les protestants.
Toutes ces personnes étaient
présentes à la rencontre de Paris, certaines comme intervenants
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