mercredi 22 juillet 2020

Le cléricalisme dans l'Eglise catholique est loin d'être mort

Quelques frémissements, mais l’institution se raidit
Le Vatican : « seul un prêtre servant de pasteur peut exercer « le plein soin des âmes »
Réponse de Nous sommes Eglise : « tentative scandaleuse de Rome de rendre l’Église à nouveau préconciliaire et de ralentir d’urgence les réformes pastorales en cours. »
« On offre des solutions ou des idées pour que d’autres femmes portent elles-mêmes leur candidature, dans les mois et les années à venir. »

jeudi 9 juillet 2020

Prier au temps du coronavirus

Le confinement à cause du coronavirus a été un révélateur de nos comportements, en particulier dans notre réflexion spirituelle. Comment s’étonner que notre impuissance réveille les peurs et les angoisses de toujours, le besoin de consolation, de protection et de sécurité, d’espérance contre toute espérance ? De plein fouet nous étions confrontés à la question du rôle que Dieu joue là-dedans et du sens de notre prière. Et nous avons constaté toute une palette de réactions. Il est difficile de résister au réflexe païen du Dieu utilitaire, du Dieu tout puissant et magicien qui d'un claquement des doigts arrive à régler tous les problèmes.
Certains le pensaient. On bénissait la ville avec l’ostensoir, on organisait des neuvaines, on invoquait tel ou tel saint qui était « efficace » lors de la peste. Est aussi remontée à la surface la théologie de la rétribution qui dit que si on est arrivé là, c’est qu’il y a eu faute, qui mérite punition, ce qui conduit à la dénonciation d’un coupable, bouc émissaire qui doit être éliminé. Si on avait cette conception de Dieu, ne pourrait-on pas lui reprocher de ne pas intervenir avant qu'on ne le lui demande ? Mais on pourrait aussi penser au Dieu pervers tel que le décrit Maurice Bellet.
Et nous nous sommes déjà posé la question : « Que faisait Dieu à Auschwitz ? » Elie Wiesel dans son livre La Nuit, raconte que lorsque le petit pipel qu’on a pendu, après une très longue agonie mourut, un homme demanda : Où est donc Dieu ? Et il sentait en lui une voix qui disait « Le voici, il est pendu ici, à cette potence » Le philosophe juif Hans Jonas dit que si Dieu n’est pas intervenu durant les atrocités de l’Holocauste, ce n’est pas qu’il ne le voulait pas mais qu’il ne le pouvait pas, sauf à en faire une divinité monstrueuse qui consentirait, de plein gré, au martyre de ses créatures innocentes. Etty Hillesum, victime elle-même de la Shoah, va jusqu’à dire que c’est l’homme qui peut aider Dieu.
Job aussi était d’abord confronté au silence de Dieu. Mais il a compris que gémir, pleurer, prier, ce n’est pas lâche, que les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées, lui qui, à travers tous ses malheurs est un homme d’espérance. Son espérance, c’est de tenir quand même. Il attend que justice soit faite, parce que ce n’est pas juste, ce qui lui arrive ; il attend d’être compris, soulagé, soigné, guéri, ramené à la vie, à la santé, à la dignité ; il attend surtout d’être entendu et pas par n’importe qui, par Dieu lui-même. Et, à la fin, sa ténacité est récompensée : Dieu se montre, Dieu lui parle.
Nous évoquons facilement l’importance de la prière et son efficacité. Que cette période du coronavirus nous donne l’occasion de nous poser les questions : pourquoi prions-nous, comment prions-nous, comment pouvons-nous rejoindre Dieu dans son humilité et son impuissance ?
Georges Heichelbech

lundi 22 juin 2020

jeudi 18 juin 2020

Loué sois-tu !


Il y a cinq ans, jour pour jour, ce 18 juin, le pape François publiait son encyclique Laudato si’ sur la « sauvegarde de la maison commune ». Un grand texte, unanimement salué jusque dans la société civile. Un texte qui récapitule, consolide et élargit la pensée catholique sur l’écologie. Mais surtout qui lui confère une place centrale dans l’enseignement social de l’Eglise.

Loué sois-tu ! : États d'âme
Voici le texte de cette encyclique, ainsi que toute une série de documents assemblés par François Vercelletto, sur ce thème

Un Résumé et commentaire de l’encyclique Laudato Si’ parmi bien d’autres



vendredi 12 juin 2020

Les violences policières

Depuis plusieurs années l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) étudie le dossier sur les violences policières  
Elle est la première à dire que tout n’est pas blanc et tout n’est pas noir et qu’il ne faut pas porter de jugement global du type « Tous les policiers sont violents » et que leur rôle est indispensable pour le maintien de l’ordre. Les policiers ont une déontologie qui définit clairement dans quel cadre légal, ils sont appelés à intervenir. Force est de constater que ces règles ne sont pas toujours respectées et qu’ils ne sont pas les seuls à utiliser la violence

Hommage à Jacques Noyer

Jacques Noyer, ancien évêque d’Amiens est décédé le 2 juin, à 93 ans. Toute sa vie de prêtre et d’évêque, il a cherché à promouvoir une Église capable de « dire l’Évangile dans de nouveaux langages »
Voici quelques écrits ou hommages

jeudi 4 juin 2020

Il faut « donner plus de chances aux femmes dans l’Église, sinon l’Église sera bientôt terminée ».

Voilà ce que déclare Mgr Georg Bätzing, président de la Conférence épiscopale allemande
Interrogé sur les demandes d’ordonner des femmes, l’évêque de Limbourg répond en deux temps. « En tant que membre d’une société dans laquelle l’égalité des sexes est un droit fondamental, je ne vois pas en quoi cela pourrait être une erreur qui mettrait le magistère de l’Église sur la mauvaise voie. » Mais, ajoute-t-il aussitôt, « en tant qu’évêque et prêtre catholique, je sais que le magistère de l’Église, selon ses propres termes, ne se considère pas autorisé à ordonner des femmes ».
Voir l’article du journal La Croix
Et aussi l’article
Vive la liberté d’expression à l’intérieur de l’Eglise catholique !!!

mardi 26 mai 2020

Anne Soupa, candidate à être archevêque de Lyon

Anne Soupa est lucide. Elle sait bien qu'elle ne sera pas archevêque de Lyon. Certains qui font la fine bouche disent : Pourquoi cléricaliser les femmes au lieu de décléricaliser l'Eglise. Mais à force de mettre les pieds dans le bénitier, cela pourra en éclabousser certains. Une Eglise dont les dirigeants sont des hommes, en principe célibataires, justifiant en invoquant Dieu, que la moitié de l'humanité devrait leur être soumise, est-elle encore crédible aujourd'hui ? De plus les clercs prétendent être d'une nature ontologique différente des laïcs qui sont définis comme étant des non clercs. On a l'impression que toute cette caste vit sur une autre planète que nos contemporains. Soyons aussi conscients de notre responsabilité à faire durer ce système si nous n'affirmons pas clairement par nos paroles et nos actes qu'il est obsolète et n'a pas grand-chose à voir avec le message de l'Evangile. Bravo Anne pour votre initiative.
L’article du journal La Croix
Le journal HuffPost avec une vidéo
Un ensemble de dossiers sur les femmes dans l’Eglise et sur le cléricalisme

dimanche 24 mai 2020

De la fabrique du sacré à la révolution eucharistique. Quelques propos sur le retour à la messe par François Cassinguena-Trévedy

Les temps que nous venons de traverser, et qui sont loin d’être révolus sans doute, ont réveillé beaucoup de fantasmes archaïques : celui de nos peurs, bien sûr, mais aussi celui de la « religion » (sinon parfois de la religiosité) qui cherche à les exorciser. La chosification récurrente et endémique de l’Eucharistie a deux corollaires. Le premier est le consumérisme sacramentel. L’on se met alors à réclamer le sacrement comme un droit
Moins immédiat, peut-être, à se révéler comme tel, mais non moins grave, le second corollaire de la chosification de l’Eucharistie, ou sa seconde conséquence, est le cléricalisme. Le prêtre s’impose comme le « sacrificateur » attitré qui « fabrique », qui « confectionne » l’Eucharistie, qui a autorité sur elle, sur Dieu même, qui l’administre, qui la possède, avec la tentation trop évidente d’en confisquer la possession, avec le prestige personnel qui s’attache à son « pouvoir » (il faudrait évoquer ici la focalisation quasi magique sur les paroles de la consécration, si préjudiciable à l’équilibre de la théologie eucharistique)
Prêtre fabriqué comme sacré par les instituts de formation cléricale, se fabriquant lui-même comme sacré dans la représentation qu’il a de lui-même, et fabricant de sacré aux yeux de trop de chrétiens qui en restent à une religion préchrétienne, voire non chrétienne

lundi 18 mai 2020

Connaissez-vous John Shelby Spong ?

John Shelby Spong (né le 16 juin 1931 à Charlotte, Caroline du Nord) est l'ancien évêque anglican du diocèse du New Jersey, de l'Église épiscopalienne des États-Unis. C'est un chrétien libéral, théologien, universitaire, critique religieux et écrivain

Le coût du mythe de la Vierge  Extrait de son livre Né d’une femme

5 de ses livres ont été traduits en français et édités par les Editions Karthala
Voici d’autres articles sur John Shelby Spong sur le site de NSAE
Et  tout un dossier sur le site Protestants dans la Ville

samedi 16 mai 2020

Personnes-âgées : notre solidarité survivra-t-elle au coronavirus ? René Poujol

Sans un autre projet collectif économique et social, notre compassion du moment disparaîtra avec les premières difficultés.
Où chercher la vérité ? Cette pensée m’occupe l’esprit au moment où la presse déborde d’analyses antagonistes sur l’après coronavirus. Rien ne sera-t-il jamais plus comme avant, ou tout sera-t-il, à l’inverse, conforme au passé… parfois en pire ? Cette question me harcèle, notamment en ce qui concerne l’avenir des personnes âgées qui, pour l’heure, bénéficient de notre compassion. Saurons-nous leur redonner leur juste place parmi les vivants ou choisirons-nous d’anticiper leur départ parmi les morts ?


mercredi 13 mai 2020

Sur quelles valeurs fonder le monde d’après ?

Aujourd’hui, tous s’accordent à dire qu’il y aura un avant et un après le coronavirus Covid-19. Mais cet après, quel sera-t-il ? Un retour à l’avant ou un saut dans l’inconnu, une entrée dans un autre monde réellement et profondément renouvelé ? De tous côtés les discours vont bon train pour faire des propositions. Ne faudrait-il pas pourtant commencer par s’interroger sur les valeurs sur lesquelles nous souhaitons fonder ce renouvellement ?
Message de Sylvie Bukhari-de Pontual, Présidente du CCFD-Terre Solidaire
Message de Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
La sacramentalité du frère, Christine Aulenbacher, professeur à la faculté de théologie catholique de Strasbourg
Qui est mon prochain d’après la Bible, Georges Heichelbech 
La grâce du désert Jean L’Hour


jeudi 30 avril 2020

Déconfiner les églises ou déconfiner l’Eglise ?

Tel est le titre d’un article que René Poujol a écrit sur son blog
Il y en a qui s'imaginent qu'il n'est pas possible de célébrer sans prêtre. Alors non seulement l'Eglise va tout droit dans une impasse si elle ne peut concevoir que des prêtres masculins et célibataires, alors qu'il y en a de moins en moins, et dans une deuxième impasse si elle n'a pas le courage de faire une réflexion plus que superficielle sur les ministères au lieu de promouvoir le sacerdoce universel, où l'idée que les uns sont de nature ontologique différente des autres n'a pas sa place.
Et l’analyse qu’avait déjà faite Charles Wackenheim en 1982 : Un renversement prometteur
Une analyse que j’avais faite en 1986 pour le synode sur les laïcs de 1987
Une analyse de Jacques Musset sur le cléricalisme
Et l’article de La Croix, mais qui est réservé aux abonnés
Citons un extrait : « Ne restons pas confinés dans de vieilles approches théologiques et pastorales. Ne restons pas enfermés derrière nos murs ! Partons sur les routes d’un monde blessé, pour faire de nos églises non pas des douanes ou des forteresses de vérité, mais des lieux d’ouverture et de liberté. Des lieux véritablement dé-confinés. » 
Et si certains préféraient « autre chose » à la messe ! René Poujol 
La messe à tout prix ? Témoignage chrétien

Et l’ensemble des dossiers de ce blog sur le Coronavirus

lundi 27 avril 2020

Le coronavirus ne devrait-il pas donner l’occasion aux Eglises de réfléchir aux célébrations qu’elles proposent ?

Le pape François dans sa lettre au peuple de Dieu avait largement mis en cause le cléricalisme dans l’Eglise. Le confinement n’a pas du tout fait changer l’attitude de l’Eglise.

Et pourtant voici le témoignage de l’Eglise indivise

Le communiqué de la CCBF à propos de la réouverture des lieux de culte 

Messe «déconfinée» : les catholiques divisés

Et d’une façon plus globale l’attitude des Eglises face au Coronavirus


lundi 20 avril 2020

Dominique Collin, vous connaissez ?

Dominique Collin, dominicain belge, est licencié en philosophie et en théologie (Louvain). Conférencier, écrivain, il est membre de l’aumônerie des étudiants de Liège.
Il a été connu, en particulier, par son livre « Le christianisme n’existe pas encore »
Il a participé aux Assises de la CCBF le 29 septembre 2018
Il a été réinvité le 21 février 2019 par la CCBF 44 et son intervention a donné lieu à 7 vidéos
Le 17 avril 2018 il a donné une conférence à la Collégiale Saint Jean
Dans la revue Etudes, il a écrit un article, en accès libre Deus ex machina
Et dans le numéro d’avril 2020 un article, réservé aux abonnés La foi est-elle encore possible ?
Il utilise un terme pas trop connu La christianité
Il est très proche de Maurice Bellet qui est une de ses sources d’inspiration