jeudi 4 juin 2020

Il faut « donner plus de chances aux femmes dans l’Église, sinon l’Église sera bientôt terminée ».

Voilà ce que déclare Mgr Georg Bätzing, président de la Conférence épiscopale allemande
Interrogé sur les demandes d’ordonner des femmes, l’évêque de Limbourg répond en deux temps. « En tant que membre d’une société dans laquelle l’égalité des sexes est un droit fondamental, je ne vois pas en quoi cela pourrait être une erreur qui mettrait le magistère de l’Église sur la mauvaise voie. » Mais, ajoute-t-il aussitôt, « en tant qu’évêque et prêtre catholique, je sais que le magistère de l’Église, selon ses propres termes, ne se considère pas autorisé à ordonner des femmes ».
Voir l’article du journal La Croix
Et aussi l’article
Vive la liberté d’expression à l’intérieur de l’Eglise catholique !!!

mardi 26 mai 2020

Anne Soupa, candidate à être archevêque de Lyon

Anne Soupa est lucide. Elle sait bien qu'elle ne sera pas archevêque de Lyon. Certains qui font la fine bouche disent : Pourquoi cléricaliser les femmes au lieu de décléricaliser l'Eglise. Mais à force de mettre les pieds dans le bénitier, cela pourra en éclabousser certains. Une Eglise dont les dirigeants sont des hommes, en principe célibataires, justifiant en invoquant Dieu, que la moitié de l'humanité devrait leur être soumise, est-elle encore crédible aujourd'hui ? De plus les clercs prétendent être d'une nature ontologique différente des laïcs qui sont définis comme étant des non clercs. On a l'impression que toute cette caste vit sur une autre planète que nos contemporains. Soyons aussi conscients de notre responsabilité à faire durer ce système si nous n'affirmons pas clairement par nos paroles et nos actes qu'il est obsolète et n'a pas grand-chose à voir avec le message de l'Evangile. Bravo Anne pour votre initiative.
L’article du journal La Croix
Le journal HuffPost avec une vidéo
Un ensemble de dossiers sur les femmes dans l’Eglise et sur le cléricalisme

dimanche 24 mai 2020

De la fabrique du sacré à la révolution eucharistique. Quelques propos sur le retour à la messe par François Cassinguena-Trévedy

Les temps que nous venons de traverser, et qui sont loin d’être révolus sans doute, ont réveillé beaucoup de fantasmes archaïques : celui de nos peurs, bien sûr, mais aussi celui de la « religion » (sinon parfois de la religiosité) qui cherche à les exorciser. La chosification récurrente et endémique de l’Eucharistie a deux corollaires. Le premier est le consumérisme sacramentel. L’on se met alors à réclamer le sacrement comme un droit
Moins immédiat, peut-être, à se révéler comme tel, mais non moins grave, le second corollaire de la chosification de l’Eucharistie, ou sa seconde conséquence, est le cléricalisme. Le prêtre s’impose comme le « sacrificateur » attitré qui « fabrique », qui « confectionne » l’Eucharistie, qui a autorité sur elle, sur Dieu même, qui l’administre, qui la possède, avec la tentation trop évidente d’en confisquer la possession, avec le prestige personnel qui s’attache à son « pouvoir » (il faudrait évoquer ici la focalisation quasi magique sur les paroles de la consécration, si préjudiciable à l’équilibre de la théologie eucharistique)
Prêtre fabriqué comme sacré par les instituts de formation cléricale, se fabriquant lui-même comme sacré dans la représentation qu’il a de lui-même, et fabricant de sacré aux yeux de trop de chrétiens qui en restent à une religion préchrétienne, voire non chrétienne

lundi 18 mai 2020

Connaissez-vous John Shelby Spong ?

John Shelby Spong (né le 16 juin 1931 à Charlotte, Caroline du Nord) est l'ancien évêque anglican du diocèse du New Jersey, de l'Église épiscopalienne des États-Unis. C'est un chrétien libéral, théologien, universitaire, critique religieux et écrivain

Le coût du mythe de la Vierge  Extrait de son livre Né d’une femme

5 de ses livres ont été traduits en français et édités par les Editions Karthala
Voici d’autres articles sur John Shelby Spong sur le site de NSAE
Et  tout un dossier sur le site Protestants dans la Ville

samedi 16 mai 2020

Personnes-âgées : notre solidarité survivra-t-elle au coronavirus ? René Poujol

Sans un autre projet collectif économique et social, notre compassion du moment disparaîtra avec les premières difficultés.
Où chercher la vérité ? Cette pensée m’occupe l’esprit au moment où la presse déborde d’analyses antagonistes sur l’après coronavirus. Rien ne sera-t-il jamais plus comme avant, ou tout sera-t-il, à l’inverse, conforme au passé… parfois en pire ? Cette question me harcèle, notamment en ce qui concerne l’avenir des personnes âgées qui, pour l’heure, bénéficient de notre compassion. Saurons-nous leur redonner leur juste place parmi les vivants ou choisirons-nous d’anticiper leur départ parmi les morts ?


mercredi 13 mai 2020

Sur quelles valeurs fonder le monde d’après ?

Aujourd’hui, tous s’accordent à dire qu’il y aura un avant et un après le coronavirus Covid-19. Mais cet après, quel sera-t-il ? Un retour à l’avant ou un saut dans l’inconnu, une entrée dans un autre monde réellement et profondément renouvelé ? De tous côtés les discours vont bon train pour faire des propositions. Ne faudrait-il pas pourtant commencer par s’interroger sur les valeurs sur lesquelles nous souhaitons fonder ce renouvellement ?
Message de Sylvie Bukhari-de Pontual, Présidente du CCFD-Terre Solidaire
Message de Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux
La sacramentalité du frère, Christine Aulenbacher, professeur à la faculté de théologie catholique de Strasbourg
Qui est mon prochain d’après la Bible, Georges Heichelbech 
La grâce du désert Jean L’Hour


jeudi 30 avril 2020

Déconfiner les églises ou déconfiner l’Eglise ?

Tel est le titre d’un article que René Poujol a écrit sur son blog
Il y en a qui s'imaginent qu'il n'est pas possible de célébrer sans prêtre. Alors non seulement l'Eglise va tout droit dans une impasse si elle ne peut concevoir que des prêtres masculins et célibataires, alors qu'il y en a de moins en moins, et dans une deuxième impasse si elle n'a pas le courage de faire une réflexion plus que superficielle sur les ministères au lieu de promouvoir le sacerdoce universel, où l'idée que les uns sont de nature ontologique différente des autres n'a pas sa place.
Et l’analyse qu’avait déjà faite Charles Wackenheim en 1982 : Un renversement prometteur
Une analyse que j’avais faite en 1986 pour le synode sur les laïcs de 1987
Une analyse de Jacques Musset sur le cléricalisme
Et l’article de La Croix, mais qui est réservé aux abonnés
Citons un extrait : « Ne restons pas confinés dans de vieilles approches théologiques et pastorales. Ne restons pas enfermés derrière nos murs ! Partons sur les routes d’un monde blessé, pour faire de nos églises non pas des douanes ou des forteresses de vérité, mais des lieux d’ouverture et de liberté. Des lieux véritablement dé-confinés. » 
Et si certains préféraient « autre chose » à la messe ! René Poujol 
La messe à tout prix ? Témoignage chrétien

Et l’ensemble des dossiers de ce blog sur le Coronavirus

lundi 27 avril 2020

Le coronavirus ne devrait-il pas donner l’occasion aux Eglises de réfléchir aux célébrations qu’elles proposent ?

Le pape François dans sa lettre au peuple de Dieu avait largement mis en cause le cléricalisme dans l’Eglise. Le confinement n’a pas du tout fait changer l’attitude de l’Eglise.

Et pourtant voici le témoignage de l’Eglise indivise

Le communiqué de la CCBF à propos de la réouverture des lieux de culte 

Messe «déconfinée» : les catholiques divisés

Et d’une façon plus globale l’attitude des Eglises face au Coronavirus


lundi 20 avril 2020

Dominique Collin, vous connaissez ?

Dominique Collin, dominicain belge, est licencié en philosophie et en théologie (Louvain). Conférencier, écrivain, il est membre de l’aumônerie des étudiants de Liège.
Il a été connu, en particulier, par son livre « Le christianisme n’existe pas encore »
Il a participé aux Assises de la CCBF le 29 septembre 2018
Il a été réinvité le 21 février 2019 par la CCBF 44 et son intervention a donné lieu à 7 vidéos
Le 17 avril 2018 il a donné une conférence à la Collégiale Saint Jean
Dans la revue Etudes, il a écrit un article, en accès libre Deus ex machina
Et dans le numéro d’avril 2020 un article, réservé aux abonnés La foi est-elle encore possible ?
Il utilise un terme pas trop connu La christianité
Il est très proche de Maurice Bellet qui est une de ses sources d’inspiration

mardi 14 avril 2020

Le coronavirus nous aide à passer du divertissement à la prise de conscience de notre fragilité

Selon Blaise Pascal, tout le monde est en proie au divertissement, qui consiste à la recherche désespérée d’une consolation face à la difficulté d’être soi. Le divertissement renvoie aux activités humaines futiles (recherche de la gloire ou des biens matériels) pour échapper à notre condition.
Le temps du confinement nous force à quitter notre vie stressante de métro, boulot, dodo pour faire une pose et pour réfléchir. De nombreuses pistes nous sont proposées
Voici celle de René Poujol « Et si la littérature nous donnait matière à réfléchir, croire et espérer ? »
Le site Garrigues et Sentiers propose un dossier « Pour faire du confinement un temps de partage »
Des articles de la Revue Etudes
Deus ex machina - Dominique Collin
Vers un monde de COVIVANCE - Mariette Darrigrand
Dépouillement - François Cassingena-Trévedy
Le retour du long terme - Etienne Klein
Une leçon de solidarité - Jean-Marc Ferry
Pour une utopie modeste - Paul Valadier 
La force d’un combat commun - Mazarine Pingeot
Notre condition d’êtres reliés - Pierre-Louis Choquet
Sortir de la légèreté - Pierre de Charentenay sj
Illusion, utopie et espérance - Jean-Pierre Winter
Revue Christus
La conversion écologique
Le blog de Michel Benoît : Le coronavirus et nous
Le journal Le Monde
Autres documents
Interview de Jacques Gaillot par Golias  
Les articles du site : The conversation
Les églises vides : un signe et un défi : Thomas Halik
Et l’on pourrait continuer ainsi

jeudi 2 avril 2020

Quelques réflexions liturgiques sous la pression du coronavirus

La fermeture des églises conduit à une multitude de messes privées. Etudions historiquement les motivations du passage de l'Eucharistie communautaire à la messe privée.
Cela conduit aussi à se poser la question du sens de la messe. Entre rite et magie : la messe
Comment est-on passé de la célébration eucharistique dite « repas du Seigneur » des origines, à la conception sacrificielle de la messe ?
Et ne pourrait-on pas se poser la question à propos de la date de Pâques : Une fête célébrée en commun n’est-elle pas plus importante qu’une précision astronomique ?
https://expressionlibre.home.blog/2020/04/02/une-fete-celebree-en-commun-est-plus-importante-quune-precision-astronomique/ 
Des messes, des messes devant personne, mais des messes !!
Pâques, mais après la fin du confinement  
L'enjeu du jeûne eucharistique que nous vivons
Le jeûne eucharistique en période de confinement par Jacques Mérienne
Absence réelle
Sous prétexte de célébrer les sacrements, et à tout prix, c’est moins le Seigneur qu’une forme de cléricalisme qui s’affiche sur nos écrans. Dès lors, pourquoi, dans ces conditions, plutôt que de tenir à distance les baptisés, et ainsi d’entretenir une représentation obsolète de l’Eglise, avec sa bipartition – pourquoi ne pas profiter de ce confinement pour confier l’Eucharistie aux fidèles baptisés, aux familles qui le désirent ? 
Le verrou de l’eucharistie
Célébration œcuménique du Vendredi Saint, proposée par les Eglises catholique et protestante d’Alsace. L’Alsace a une grande tradition œcuménique. En cette journée importante de l’année liturgique, quel beau témoignage d’une fraternité commune en nous faisant vivre une célébration bien loin d’un ritualisme qui ne parle plus toujours très bien à nos contemporains.

mercredi 18 mars 2020

Le coronavirus…. Et Dieu dans tout cela ?

Il est difficile de résister au réflexe païen du Dieu utilitaire, du Dieu tout puissant et magicien qui d'un claquement des doigts arrive à régler tous les problèmes. Si on avait cette conception de Dieu, ne pourrait-on pas lui reprocher de ne pas intervenir avant qu'on ne le lui demande ? Mais on pourrait aussi penser au Dieu pervers tel que le décrit Maurice Bellet. Et que faisait Dieu à Auschwitz ?
La réflexion de Patrick Royannais : Prier en temps d'épidémie
Et une deuxième réflexion de Patrick Royannais : La Conférence des Evêques de France est tombée sur la tête !
Par souci d’honnêteté de l’information, voici à ce sujet le message de la CCBF 44
Et le message de la conférence des évêques de France, qui a su éviter ces critiques
Un extrait du livre d’Elie Wiesel : La nuit
La recension du livre : Le concept de Dieu après Auschwitz, de Hans Jonas 
Le 11 février 1995 dans "Répliques", Paul Ricœur et Catherine Chalier prolongeaient la réflexion de Hans Jonas sur Dieu dans un monde où Auschwitz a existé
Une analyse du livre de Maurice Bellet : Le Dieu pervers
Il est intéressant aussi de consulter le livre qui vient de paraître : Le Dieu des abîmes, d’Isabelle Le Bourgeois
Mais toute cette réflexion se trouve aussi déjà dans le livre de Job. D’ailleurs « Le cri de Job » est le thème de la Nuit des Veilleurs, organisée par l'ACAT, en principe le 26 juin prochain 
Comme toile de fond de tout cela, il y a la conception que nous avons de Dieu. Voici une réflexion de Jacques Musset : Une autre approche de Dieu, extraite de son livre Être chrétien dans la modernité 
Un Dieu « anti-pandémique », un Dieu « post-pandémique » ou un Dieu « dans la pandémie » ?
Humainement, il est compréhensible que, dans des situations de grandes calamités, l’homme – d’hier et d’aujourd’hui – aille à Dieu ou aux divinités – quel que soit leur nom – pour résoudre ce que nous et les sciences ne pouvons pas résoudre… surtout quand le plus beau cadeau que nous ayons est menacé : la vie.
Le problème du mal, est une pierre d’achoppement aussi bien pour les incroyants que pour les croyants.


vendredi 13 mars 2020

Quelques réflexions à propos du coronavirus

Au risque de ramer à contre-courant et de se faire mal comprendre, sans mésestimer la pandémie du coronavirus, sans négliger de prendre des précautions élémentaires, soyons néanmoins conscients qu’il y a aussi une épidémie de peur du coronavirus. Et des personnes anxieuses n’arrivent pas à raisonner leurs peurs. La plupart du temps, on ne se rend pas compte que les anxieux ont quitté notre monde pour entrer dans un autre monde, qui n’obéit plus aux mêmes règles. Les informations sont traitées de façons très différentes dans ce monde virtuel. Si un risque ne représente qu’une chance sur un milliard, on est aspiré par cette minuscule possibilité. La perception de la possibilité de réalisation d’un événement est une notion tout à fait subjective. Aucune personne n’a dans sa tête la hantise de se tuer en voiture et prend donc sa voiture d’une façon tout à fait rassurée. Mais hélas, certaines personnes, accrocs de jeux de hasard, n’excluent pas la possibilité de gagner le gros lot du loto. Statistiquement, elles ont infiniment plus de « chances » de mourir dans un accident de la circulation que de gagner le gros lot. Alors que la première possibilité n’est pas envisagée et la seconde espérée
http://www.resilience-psy.com/spip.php?article408
Un deuxième article d'Evelyne Josse  sur le coronavirus à l’épreuve des fake news et des théories complotistes
Mais tout en ne cédant pas à une peur irraisonnée, ne mésestimons pas la gravité du phénomène
Un article de l’économiste Jean Gadrey : Le coronavirus révèle l’extrême fragilité de la mondialisation néolibérale
Le monde doit-il s’attendre à d’autres pandémies ? Le regard de l'économiste jésuite Gaël Giraud
Le coronavirus met aussi en lumière notre fragilité
Il nous interroge aussi sur nos comportements
Comment nous situer par rapport aux autres
Et nous permet de mieux mettre en lumière les valeurs auxquelles nous tenons

mercredi 26 février 2020

Quand les statues s’effondrent

C’est ainsi que Jacques Noyer parle à propos de Jean Vanier. Il est difficile d’intervenir sur ce dossier, dans la mesure où la tentation est grande de hurler avec les loups, en se plaçant implicitement au-dessus du lot et en se permettant de juger les autres. Mais le déni d’une réalité n’est pas non plus la solution. On oublie souvent que ne rien décider est aussi une décision, justement celle de ne rien décider, qui peut aussi avoir des conséquences indésirables. Donc avec ces réserves et des hésitations je propose un dossier à partir de ce qu’il est possible de trouver dans les médias.
Commençons d’abord par nous informer, à partir du dossier de synthèse de l’Arche
Et l’interview sur KTO de Stephan Posner, responsable international de l'Arche, enregistré avant la publication des résultats de l’enquête
Il est difficile à partir de là de réagir à chaud, en dépassant l’émotionnel, la douleur et la sidération, pour engager une réflexion plus globale, dépassant le cas particulier de Jean Vanier, sur les abus de pouvoir et d’emprise spirituelle, et tout en n’excusant pas ce qui s’est passé, d’avoir présent la fragilité de toute personne humaine.
D’abord la réflexion de Jacques Noyer : Quand les statues s’effondrent
Le dossier de La Croix , les articles de La Vie  article 1, article 2, de Témoignage Chrétien ( pour celles et ceux qui y ont accès, je n’ai pas le droit de les publier)